Batch cooking : préparer ses repas de la semaine en 2 heures, pour débuter
Le batch cooking consiste à cuisiner en une seule séance, souvent 2 heures le dimanche, les bases de quatre ou cinq repas : un plat mijoté, un féculent, des légumes rôtis, une sauce. La règle sanitaire à garder en tête : 3 à 4 jours au réfrigérateur, le reste au congélateur.

Cinq barquettes identiques mangées en soupirant jusqu’au vendredi : c’est l’image qu’on a souvent du batch cooking, et c’est la meilleure façon d’arrêter au bout de deux semaines. La méthode qui tient dans la durée prépare des briques séparées : une base mijotée, un féculent, des légumes cuits, une sauce, des crudités lavées. Le soir, on assemble en 10 minutes, et les combinaisons changent d’un jour à l’autre.
Le principe pour une première séance
Pour débuter, visez petit : quatre dîners pour deux personnes, pas quatorze repas. Une première séance trop ambitieuse dure quatre heures, laisse une cuisine en chantier et donne envie d’abandonner.
Voici ce que nous préparerions pour une première fois, en 2 heures environ :
- un plat mijoté qui supporte bien le réchauffage, comme un chili con carne ou un dahl de lentilles corail ;
- une plaque de légumes rôtis au four (courgettes, poivrons, carottes, oignons) ;
- une casserole de féculent : lentilles, quinoa, pommes de terre vapeur ;
- une sauce froide, yaourt-citron-herbes ou vinaigrette moutardée, en bocal ;
- des crudités lavées et coupées : carottes en bâtonnets, salade essorée dans une boîte avec un papier absorbant.
L’ordre des tâches compte plus que les recettes
Ce qui fait gagner du temps, c’est de faire tourner le four, les feux et vos mains en même temps. Commencez toujours par ce qui cuit le plus longtemps. Le four d’abord. Les couteaux ensuite.
| Moment | Ce qui cuit | Ce que vous faites pendant ce temps |
|---|---|---|
| 0:00 | préchauffage du four à 200 °C | éplucher et couper oignons, carottes et légumes du mijoté et de la plaque |
| 0:20 | le mijoté démarre sur le feu, la plaque de légumes entre au four | laver et couper les crudités |
| 0:45 | le féculent démarre | préparer la sauce froide, remplir les bocaux |
| 1:10 | tout finit de cuire | faire la vaisselle des planches et des saladiers |
| 1:30 | tout est sorti du feu | répartir dans des boîtes plates, laisser tiédir à découvert |
| 2:00 | boîtes au réfrigérateur et au congélateur, étiquetées |
Les règles sanitaires à ne pas sauter
Cuisiner à l’avance, c’est garder des plats cuits plusieurs jours. Les recommandations de l’USDA sont simples :
- Refroidir vite. Les bactéries se multiplient surtout entre 4 °C et 60 °C. Un plat doit entrer au réfrigérateur dans les 2 heures qui suivent la fin de cuisson. Une grosse cocotte de chili refroidit mal d’un bloc : répartissez-la dans des boîtes peu profondes.
- 3 à 4 jours au réfrigérateur, pas plus. Au-delà, congelez. Concrètement, ce qui se mange lundi, mardi et mercredi va au frais ; ce qui se mange jeudi et vendredi va au congélateur dès le dimanche soir.
- 3 à 4 mois au congélateur pour une bonne qualité. Le plat reste sain plus longtemps à -18 °C, mais il sèche et perd du goût.
- Réchauffer à cœur, jusqu’à 74 °C au centre (165 °F dans le texte de l’USDA) : le plat doit fumer au milieu, pas seulement sur les bords. Sortez une portion à la fois plutôt que de réchauffer toute la boîte plusieurs soirs de suite.
Le riz cuit est un cas à part : l’agence sanitaire britannique recommande de le refroidir dans l’heure et de le manger dans les 24 heures, à cause d’une bactérie dont les spores résistent à la cuisson. Pour le batch cooking, préférez les lentilles, le quinoa ou les pommes de terre, ou cuisez le riz le jour même. Le détail est dans notre article sur la cuisson du riz.
Sources : USDA FSIS, Leftovers and Food Safety ; Food Standards Agency, Home food fact checker.
Ce qui se prépare bien à l’avance, et ce qui ne marche pas
Les plats mijotés sont les meilleurs candidats. Un bœuf bourguignon est même meilleur le lendemain, quand la sauce a eu le temps de se poser. Les soupes et veloutés, comme le velouté de potiron, se congèlent en portions sans aucune perte. La ratatouille tient quatre jours au frais et se congèle.
Le hachis parmentier se monte à l’avance et se congèle avant son passage au four : le soir, il va du congélateur au four, en comptant un peu plus de temps de cuisson.
Pour les matins, le granola maison se garde plusieurs semaines dans un bocal, et le porridge se prépare la veille en version froide, avec les flocons trempés dans le lait au réfrigérateur.
À éviter : les fritures, les panures, le poisson grillé et les salades déjà assaisonnées, qui ramollissent ou sèchent. Les pâtes cuites gonflent dans la sauce ; cuire des pâtes prend 10 minutes, ce n’est pas là que vous gagnerez du temps.
Comment savoir si ça vous convient
Faites trois semaines avant de juger. Pas une. La première séance est toujours la plus longue, parce qu’on cherche les boîtes, on se trompe dans l’ordre, on cuisine trop. À la troisième, vous savez ce que votre foyer mange vraiment, combien de portions il faut, et quels plats lassent. Ajustez la liste à partir de là, et gardez un soir par semaine sans rien de prévu : c’est celui des restes.







